... n’ont pas d’histoire(s). Alors, pourquoi diable la monotonie a-t-elle si mauvaise réputation ? Elle est un grand plaisir, en fait. Quoi de plus rassurant, en ce monde où tout menace, que le retour régulier du même ? Rien n’est plus monotone, par exemple, que le café du matin. On en connaît pourtant beaucoup qui sont effondrés s’il vient à leur manquer. Personne ne nous force à « prendre de petites habitudes » ; si nous le faisons, c’est que nous y trouvons notre compte. Les journaux aussi sont monotones : avec une gourmandise qui ne cesse de méduser les moralistes, nous lisons le récit, toujours nouveau, toujours identique, des malheurs lointains. Les périodes où cette lecture cesse de paraître monotone sont celles où les malheurs se rapprochent : mauvais temps pour nous.
Bien sûr, la vie monotone pourrait devenir fastidieuse : raison de plus pour voir en elle un plaisir, car n’est-il pas propre à tous les plaisirs de lasser ? La monotonie a ceci de plaisant, aussi, qu’elle nous évite d’avoir à regretter un passé plus heureux. Elle a ainsi ses avantages inattendus.
Bien sûr, la vie monotone pourrait devenir fastidieuse : raison de plus pour voir en elle un plaisir, car n’est-il pas propre à tous les plaisirs de lasser ? La monotonie a ceci de plaisant, aussi, qu’elle nous évite d’avoir à regretter un passé plus heureux. Elle a ainsi ses avantages inattendus.
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